Risque transfusionnel élevé pendant l'épidémie
January 6th, 2009FACE À L'AMPLEUR de l'épidémie de chikungunya à la Réunion au cours de l'année 2005-2006, l'Etablissement français du sang (EFS) a suspendu la collecte de sang total. Une précaution justifiée après coup par les résultats des estimations quantitatives du risque de contamination d'un don publiés aujourd'hui dans le « Bulletin épidémiologique hebdomadaire ».
Les premiers cas ont été identifiés au début de mars 2005. L'évolution a ensuite été marquée par une première phase épidémique avec un pic de 450 cas au cours de la semaine du 9 au 15 mai, suivie d'une décrue pendant l'hiver austral. Dès le mois d'octobre 2005, une reprise de l'épidémie était observée avec, à la mi-décembre, une augmentation brutale du nombre de cas jusqu'à atteindre 47 000 cas pendant la première semaine de février 2006. C'est alors que l'EFS a suspendu la collecte de sang total. Les concentrés de globules rouges et de plasma ont dû être importés de la métropole ; pour les concentrés de plaquettes, compte tenu de la durée du transport, un système de qualification par RT-PCR a été mis en place.
Toutefois, une étude réalisée par l'AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé), l'INTS (Institut national de la transfusion sanguine) et l'InVS (Institut de veille sanitaire) a permis d'évaluer le risque transfusionnel potentiel. Elle confirme qu'au cours de l'épidémie «le risque de contamination d'un don, et donc potentiellement le risque transfusionnel, était élevé», même si, précisent les auteurs, ce risque «était très inférieur» au risque de contamination par transmission vectorielle (via le moustique). Quelque 312 500 personnes ont été infectées.
Entre le début de l'épidémie et l'arrêt de la collecte, le risque moyen estimé était de 51/50 000, soit 7 dons potentiellement contaminés sur les 14 450 collectés sur la période. «Aucun cas de transmission n'a cependant été rapporté au cours de l'épidémie, mais il est possible que des cas de contamination par transfusion n'aient pas été distingués des cas d'infection par transmission vectorielle.» Au maximum de l'épidémie, le risque atteignait les 1 500/100 000, soit 29 dons potentiellement contaminés si la collecte n'avait pas été suspendue. Avec la diminution de l'incidence, le risque a progressivement diminué jusqu'à 0,27/100 000 dans les premiers mois de 2007, soit un don potentiellement contaminé tous les vingt et un ans sur la base de 17 500 dons annuels collectés. L'étude a contribué à la décision de reprendre la collecte à partir de juin 2007, «montrant ainsi l'utilité de ce type d'approche pour l'orientation des mesures de prévention».
Sur l'ensemble de l'épidémie, 47 sur 35 750 dons potentiels auraient pu être contaminés. Les mesures ont permis d'en éviter 40.
> Dr LYDIA ARCHIMÈDE
Le Quotidien du Médecin du : 29/04/2008
http://www.quotimed.com/journal/index.cfm?fuseaction=viewarticle&DartIdx=410082
TRANSFUSION DE COMPLICATIONS
Estimation du risque de Chikungunya viremic don de sang pendant une épidémie sur l'île de la Réunion dans l'océan Indien, de 2005 à 2007
De l'Institut de Veille Sanitaire (InVS) (Institut français de surveillance de la santé publique), Saint-Maurice, France, Etablissement Français du Sang (EFS) (français du sang), Tours, France.
Cécile Brouard, Institut de Veille Sanitaire, Département des Maladies Infectieuses, 12 Rue du Val d'Osne, 94415 Saint-Maurice Cedex, France, e-mail: c.brouard @ invs.sante.fr.
Résumé
CONTEXTE: Entre 2005 et 2007, le virus Chikungunya (CHIKV) a causé une épidémie massive sur l'île de la Réunion avec un pic important du nombre de cas en Février 2006. Le don de sang a été interrompue sur l'île en Janvier 2006.
ÉTUDE DE CONCEPTION ET MÉTHODES: Les estimations de la moyenne risque de viremic don de sang sur l'île de la Réunion ont été calculés pour différentes phases de l'épidémie. Les calculs utilisés CHIKV incidence des estimations dérivées de la surveillance sentinelle, la durée de la virémie et la fréquence de l'infection asymptomatique. Les données relatives à ces deux derniers paramètres ont été initialement basé sur des hypothèses et a obtenu par la suite des études menées au cours de l'épidémie. Le risque estimé a été comparé aux résultats de CHIKV tests d'acide nucléique (TAN) pour la mise en œuvre de plaquettes (PLT) les dons de dépistage.
RÉSULTATS: Au cours de l'épidémie, la moyenne risque est estimé à 132 pour 100000 dons. Le risque a atteint un sommet de 1500 par 100000 dons à la hauteur de l'épidémie en Février 2006. Au total, 47 dons de sang aurait été potentiellement viremic si la collecte de sang n'avait pas été interrompue. Au cours de cette période, on estime que 312500 des 757000 habitants ont été infectées par le moustique d'origine la transmission. De Janvier à Mai 2006, l'estimation moyenne des risques (0,7%) et a observé un risque PLT dons (0,4%) étaient du même ordre de grandeur.
CONCLUSION: Au cours de cette grande épidémie, le risque estimé de viremic don de sang était élevé, mais faible par rapport au risque de moustiques d'origine CHIKV transmission. Le risque estimé a été corroborée par les résultats concordants avec le risque observé
TRANSFUSION COMPLICATIONS
Estimated risk of Chikungunya viremic blood donation during an epidemic on Reunion Island in the Indian Ocean, 2005 to 2007
Cécile Brouard,
Pascale Bernillon,
Isabelle Quatresous,
Josiane Pillonel,
Azzedine Assal,
Henriette De Valk, and
Jean-Claude Desenclos for the workgroup
"Quantitative Estimation of the Risk of Blood Donation Contamination by Infectious Agents"
From the Institut de Veille Sanitaire (InVS) (French Institute of Public Health Surveillance), Saint-Maurice, France; Etablissement Français du Sang (EFS) (French Blood Services), Tours, France. Cécile Brouard, Institut de Veille Sanitaire, Département des Maladies Infectieuses, 12 Rue du Val d'Osne, 94415 Saint-Maurice, Cedex, France; e-mail: c.brouard@invs.sante.fr. Abstract
BACKGROUND:Between 2005 and 2007, Chikungunya virus (CHIKV) caused a massive epidemic on Reunion Island with a major peak in the number of cases in February 2006. Blood donation was interrupted on the island in January 2006.
STUDY DESIGN AND METHODS:Estimates of the mean risk of viremic blood donation on Reunion Island were computed for different phases of the epidemic. Calculations used CHIKV incidence estimates derived from sentinel surveillance, duration of viremia, and frequency of asymptomatic infection. Data on these two last parameters were initially based on hypotheses and subsequently obtained from studies carried out during the outbreak. The estimated risk was compared to the results of CHIKV nucleic acid testing (NAT) implemented for platelet (PLT) donations screening.
RESULTS:Over the course of the outbreak, the mean risk was estimated at 132 per 100,000 donations. The risk peaked at 1,500 per 100,000 donations at the height of the outbreak in February 2006. In total, 47 blood donations would have been potentially viremic if blood collection had not been interrupted. During this period, an estimated 312,500 of 757,000 inhabitants had been infected by mosquito-borne transmission. From January to May 2006, the estimated mean risk (0.7%) and observed risk on PLT donations (0.4%) were of the same order of magnitude.
CONCLUSION. During this large outbreak, the estimated risk of viremic blood donation was high, but low compared to the risk of mosquito-borne CHIKV transmission. The estimated risk was corroborated by the concordant results with the observed risk
http://www.blackwell-synergy.com/doi/abs/10.1111/j.1537-2995.2008.01646.x?journalCode=trf
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